L’hypnose pour le sommeil : comment ça marche ?

Avez-vous envisagé l’hypnose pour réussir à mieux dormir ? Savez-vous que l’imagerie médicale a montré que l’état hypnotique activait des zones du cerveau différentes de l’état de veille et de l’état de sommeil ? Voici comment fonctionne l’hypnose comme outil thérapeutique pour passer de meilleures nuits.
L’hypnose pour le sommeil : comment ça marche ?

L’hypnose, comment ça marche pour le sommeil ?

L’hypnose montre des résultats intéressants dans le traitement des insomnies et des troubles du sommeil. Définie comme un état de conscience modifiée, elle induit des changements dans notre cerveau qui sont encore étudiés pour comprendre pourquoi et comment les techniques hypnotiques fonctionnent.

A court de solutions pour lutter contre vos troubles du sommeil, vous envisagez l’hypnose ?

C’est une idée qui ne manque pas d’intérêt, mais ne vous attendez pas à sombrer dans le sommeil d’un claquement de doigt. Pratiquée par un hypnothérapeute compétent, l’hypnothérapie pour retrouver le sommeil ne ressemble en rien à un spectaculaire “dormez maintenant”. Les neurosciences, la médecine et la psychologie contemporaine s’y intéressent de près, d’une part pour en comprendre le fonctionnement et les mécanismes induits sur le cerveau et d’autre part pour ses effets bénéfiques, dans plusieurs champs d’application.

C’est quoi l’hypnose ?

Commençons par une définition simple. L’hypnose est ce qu’on appelle un état de conscience modifié : ni éveil, ni sommeil. Un état différent aussi de celui dans lequel peut plonger la méditation ou la relaxation. L’association américaine de psychologie la définit comme “un état de conscience impliquant une attention focalisée et une moindre sensibilité à l’environnement, caractérisé par une capacité accrue de réponse à la suggestion”.

En clair : l’hypnose nous amène à concentrer toute notre attention sur un élément précis, en nous plongeant dans une bulle et un état d’esprit qui nous isole du monde, sans nous en couper totalement. Physiquement, notre corps se relâche, nos perceptions sensorielles diminuent (en psychologie, on parlera de “dissociation”). Nous sommes totalement concentrés.

Depuis plusieurs années, cet état hypnotique est utilisé dans un cadre médical pour plusieurs raisons, généralement pour induire des changements de comportements, des changements physiologiques ou pour modifier des pensées. Les utilisations les plus fréquentes en santé sont les suivantes :

  • lutter contre la douleur, on parle alors d’hypnoanalgésie ;
  • amplifier les effets d’une sédation : par exemple, pour éviter certaines anesthésies générales ;
  • dans le cadre d’une psychothérapie, par exemple pour modifier un comportement. Vous avez peut-être entendu parler de l’hypnothérapie pour diminuer le stress. L’hypnose comme recours contre l’insomnie entrera dans ce cadre.

L’hypnothérapie fonctionne-t-elle vraiment ? La méthode au prisme de l’IRM

Une des questions clés autour de la pratique de l’hypnose, c’est celle de son efficacité. Peut-on faire confiance à cette méthode pour obtenir de vrais résultats pour des problèmes d’insomnie ou de cycle de sommeil perturbé ?

Sur ce sujet, depuis 1999, le recours à l’imagerie cérébrale vient en aide aux chercheurs qui tentent, études après études, de comprendre les mécanismes de l’hypnose et ce qu’elle modifie dans notre cerveau.

Ainsi, une étude publiée par des chercheurs de l’université de Stanford en 2016 dans la revue scientifique Cerebral Cortex le montre : sous hypnose, notre cerveau fonctionne différemment. Les chercheurs ont ainsi mis en évidence, grâce à l’IRM, ce qu’il se passe alors entre nos neurones. Leurs conclusions confirment que l’état d’hypnose est un état particulier, le fonctionnement même du cerveau s’en trouve affecté, et notamment le débit sanguin se modifie dans certaines zones :

  • la zone du cerveau impliquée dans la concentration et la résolution de problème est stimulée ;
  • celles impliquées dans la flexibilité cognitive et la conscience de soi, également ;
  • en revanche, notre réseau “par défaut”, se déconnecte. Comme si notre pilote automatique se trouvait court-circuité.

Un rapport de l’INSERM publié en 2015, quant à lui, souligne que l’hypnose peut être un outil thérapeutique intéressant pour traiter plusieurs pathologies, dont l’insomnie.

A quoi ressemble une séance ?

Tenté par quelques séances, vous hésitez encore et vous demandez sans doute ce qui vous attend ? Rassurez-vous, le thérapeute ne viendra pas murmurer à votre oreille en pleine nuit pour vous aider à dormir. Si quelqu’un fait ça chez vous, essayer de changer de serrure et appelez la police..!

L’hypnose est un processus, qui se déroule en trois phases :

  • une phase d’induction, celle pendant laquelle le thérapeute vous plongera dans un état hypnotique, via différentes techniques comme la visualisation ;
  • la phase “thérapeutique” proprement dite, pendant laquelle le praticien fait des suggestions au patient ;
  • la sortie de l’état hypnotique.

Lors de la première séance, l’hypnothérapeute vous posera plusieurs questions, pour connaître votre rythme de vie, comprendre vos habitudes de sommeil, et ce qui peut le perturber. L’anxiété, le stress, les pensées qui tournent en boucle le soir dans son lit et la peur de ne pas réussir à s’endormir sont souvent à l’origine des troubles de l’endormissement ou du sommeil. L’hypnose peut agir directement sur ces causes.

L’hypnothérapie peut aussi être utilisée si vous avez l’habitude de recourir aux somnifères pour vous endormir et que vous souhaitez désormais vous en passer.

Après cette première phase de questionnement, le thérapeute passera à l’hypnose proprement dite. Pour vous plonger dans un état hypnotique, il vous aidera à atteindre un état de relaxation, par des métaphores, des images mentales. Par exemple, il peut vous demander de vous remémorer un endroit ou un souvenir agréable.

Puis, pendant la phase thérapeutique, le thérapeute vous guidera dans la résolution de votre problème, par des suggestions ciblées. A la fin de la séance, enfin, il vous fera sortir de la “transe” hypnotique.

L’approche classique, très directive, est aujourd’hui moins pratiquée que l’hypnose ericksonienne, du nom du psychiatre Milton Erickson. Ce spécialise part du principe que le patient a en lui les ressources pour surmonter les problématiques qu’il rencontre. La pratique ericksonienne ne dirige donc pas le patient, mais l’accompagne.

Les suggestions que fera le thérapeute seront donc adaptées à votre trouble de l’endormissement, à votre histoire, à vos ressources. Elles vous aideront à trouver vous-même les clés pour sortir de l’insomnie. Il pourra vous enseigner aussi une technique d’auto-hypnose, que vous pourrez reproduire chez vous, au moment du coucher.
Une séance d’hypnose peut durer entre 30 à 60 minutes.

Les bénéfices : un meilleur endormissement et un sommeil plus réparateur

Il suffit souvent de quelques séances pour constater une amélioration. Plusieurs études universitaires viennent confirmer les bénéfices ressentis par les patients. Ainsi, une étude suisse a montré que l’hypnose non seulement diminuait le temps d’endormissement, mais augmentait aussi les périodes de sommeil à ondes lentes, le sommeil réparateur.
Mais attention, l’étude suisse a montré aussi qu’elle n’agit pas sur tout le monde : chez les personnes peu réceptives, l’étude n’a pas constaté de résultats.

Bien choisir son praticien

A ce jour, il n’existe pas une formation unique à l’hypnose mais plusieurs, réservées aux professionnels de santé. Veillez à bien choisir votre praticien parmi des spécialistes reconnus par leur profession. Il serait dommage de faire la poule à chaque fois que vous entendez “bonjour” à cause de votre choix d’hypnotiseur…

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