Qu’est-ce qu’une personne insomniaque ?

Qui sont donc les insomniaques et pourquoi dorment-ils si mal ? Sachez-le, l’insomnie est avant tout une vraie maladie, aux mécanismes complexes puisque ses causes mêlent prédisposition (parfois génétique), facteurs psychologiques et mécanismes neurobiologiques de votre cerveau. Si les conséquences sont lourdes sur le quotidien, la bonne nouvelle, c’est que ça se soigne, à condition d’être bien pris en charge.
Qu’est-ce qu’une personne insomniaque ?

Mais qui sont donc les insomniaques ?

Insomniaque ? Votre problème de sommeil est malheureusement répandu : l’insomnie chronique touche 13,1 % des Français de 18 à 75 ans, selon Santé Publique France. Existe-t-il un profil type de l’insomniaque ? Certains sont-ils plus susceptibles de faire des insomnies que d’autres ? Quelques réponses.

Être insomniaque, une maladie avant tout

Peu dormir, mal dormir, se réveiller plusieurs fois dans la nuit, ne pas trouver le sommeil la veille d’un examen ou d’un événement professionnel important… Tous ces troubles du sommeil sont bien sûr gênants, souvent liés entre eux, mais tous ne relèvent pas spécifiquement de l’insomnie. L’insomnie chronique répond, en effet, à une définition bien précise et constitue une maladie à part entière, aux mécanismes complexes, mêlant des causes psychologiques et neurobiologiques. Elle est d’ailleurs le trouble du sommeil n°1 en France.

L’insomnie chronique, c’est donc :

  • lorsque le sommeil n’est ni suffisant, ni récupérateur, alors que les conditions pour passer une bonne nuit sont réunies (température idéale, absence de bruit, etc.)
  • Que le problème se répète plus de trois fois par semaine pendant plus de trois mois
  • Et que la mauvaise qualité des nuits a un impact sur la vie diurne.

Si vous réunissez ces trois critères, vous êtes potentiellement insomniaque. Il faut en ce cas consulter un professionnel de santé. Il est en effet difficile de sortir seul de l’insomnie, sans une prise en charge adaptée.

Si vous n’êtes pas très sûr de votre état, il existe un test de la sévérité de l’insomnie qui peut servir de socle à une conversation avec votre médecin, mis au point par l’organisme Québécois Fondation Sommeil. Ce test passe rapidement au crible votre ressenti quant à la durée de vos nuits, la qualité de votre sommeil et son impact sur vos journées.

Si par ailleurs vos difficultés d’endormissement sont plutôt ponctuelles et surviennent en cas d’anxiété ou de stress passagers, on parlera plutôt d’insomnie aiguë.

Existe-t-il un profil-type de l’insomniaque ?

L’insomnie n’épargne personne. Cependant, on sait que la maladie touche davantage de femmes que d’hommes (16,9% des femmes et 9,1% des hommes, toujours selon Santé Publique France), et on sait aussi que l’âge a un impact sur la qualité du sommeil. Les personnes âgées se plaignent en effet plus de mal dormir.

Selon l’INSERM, il existe des facteurs de prédisposition à l’insomnie, des facteurs qui déclenchent l’insomnie et des facteurs qui l’entretiennent.

Côté “prédisposition”, on peut être plus sensible que d’autres aux troubles du sommeil, et il existe des facteurs génétiques dans nos rythmes de sommeil, comme l’ont montré les chercheurs américains prix Nobel de Médecine en 2017. Côté déclencheur, c’est souvent un événement stressant. Mais c’est la chronicité qui finit par rendre insomniaque. Le mauvais sommeil, donc, comme le bon, provient pour partie d’habitudes et de croyances auto-entretenues.

Que se passe-t-il donc dans la tête des insomniaques ?

Pour simplifier : beaucoup, beaucoup trop de choses ! C’est d’ailleurs ce que disent les insomniaques : ils n’arrivent pas à éteindre leur cerveau au moment de se mettre au lit. Les pensées tournent en boucle, et peuvent souvent générer un “conditionnement négatif” : on se dit qu’on n’arrive pas à s’endormir, et qu’il faut absolument qu’on y arrive pour survivre à la journée du lendemain, pour réussir à sortir du lit le matin, etc. Mais comme le sommeil ne vient pas, on s’angoisse. Résultat : du stress, auto-entretenu. Si bien qu’à force, notre cerveau en vient à percevoir le moment du coucher comme un moment pénible et angoissant.

Or, que fait l’anxiété à notre cerveau ? Elle lui envoie des signaux d’éveil. Dans bon nombre d’insomnies, ce n’est pas tant que les mécanismes de l’endormissement ne fonctionnent pas, mais plutôt que ceux de l’éveil restent en activité, au moment où ils devraient passer “en veille” – si vous nous passez l’expression.

Les causes de l’insomnie : stress et anxiété en première ligne

Pour déterminer d’où vient l’insomnie, il est important d’éliminer toutes causes organiques.
Car certaines pathologies du sommeil comme les ronflements, les apnées du sommeil, le syndrome des jambes sans repos, etc. sont sources d’un sommeil de mauvaise qualité.

Mais selon l’Assurance Maladie, pour plus de la moitié des insomniaques, c’est le stress, l’anxiété et la dépression qui jouent un rôle de déclencheur et qui entretiennent l’insomnie. Ensuite, c’est le conditionnement négatif, la tension liée à la peur de ne pas trouver le sommeil, la répétition soir après soir, qui viennent en quelque sorte “piéger” le sommeil de l’insomniaque, et qui le désorganise.

Enfin, beaucoup de facteurs environnementaux jouent un rôle important dans la perturbation du sommeil et de l’endormissement :

  • un rythme de vie irrégulier, par exemple en cas de travail en horaire décalé ;
  • une mauvaise hygiène de vie, la consommation d’excitant le soir, un repas copieux, la consommation d’alcool, etc. ;
  • un environnement trop bruyant ;
  • une température trop élevée ou trop basse dans la chambre ;
  • la lumière bleue émise par les écrans le soir, qui vient perturber les signaux d’endormissement que reçoit notre cerveau ;
  • une activité sportive en soirée…

Je suis insomniaque, quelles conséquences ?

Surtout, ne considérez pas l’insomnie chronique à la légère car ses conséquences peuvent être lourdes. Bien sûr, il y a les conséquences évidentes :

  • la fatigue au quotidien
  • la somnolence en journée
  • l’irritabilité
  • les difficultés de concentration
  • la tension
  • les maux de tête
  • etc.

Ce faisceau à la fois de conséquences et de symptômes de l’insomnie a des répercussions sur la vie professionnelle, la vie sociale, la vie familiale de la personne qui en souffre, et sur celle de son entourage.

Par rebond, la fatigue, le manque de vigilance peuvent entraîner des accidents. Selon l’INSERM, la fatigue multiplie par 8 les risques d’accidents de la route et par 4,5 les risques d’accident en milieu professionnel !

L’insomnie aggrave également les maladies associées, comme les problèmes d’hypertension, les douleurs, etc. Enfin, les conséquences psychologiques doivent aussi être prises en compte, avec un risque de dépression accentué.

Dites, est-ce que ça se soigne ?
La bonne nouvelle, c’est que l’insomnie peut se soigner, à condition d’être diagnostiquée. Il ne faut donc pas hésiter à en parler à son médecin traitant car les traitements existent.

Au rang des prises en charge, la médecine préconise prioritairement des thérapies non médicamenteuses. Outre un retour à une bonne hygiène de vie et des pratiques saines pour favoriser le sommeil, les professionnels de santé reconnaissent la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) comme le traitement le plus efficace.

Ce type de thérapie s’effectue auprès d’un psychologue ou d’un psychiatre formé à cette pratique et a pour but de réapprendre au patient à retrouver les bons signaux déclencheurs de sommeil, et à gérer l’insomnie. A travers un carnet de sommeil, le patient pratique notamment la “restriction du temps passé au lit” : on définit une heure de lever qui sera toujours la même, et on pourra se coucher uniquement quand on se sent fatigué. Si le sommeil ne vient pas, il faudra se relever, pour une activité calme comme lire un livre, méditer, tenter un exercice de relaxation ou pourquoi pas une séance d’auto-hypnose (pourquoi pas baigné dans la lumière du Helight Sleep, pour mettre toutes les chances de votre côté !).

Et les somnifères ? Si sur une très courte période et de façon ponctuelle certains médicaments peuvent être intéressants, sur le long terme, mieux vaut les oublier ! Ils peuvent en effet s’avérer contre-productifs. Dans tous les cas, mieux vaut commencer par demander l’avis de son médecin.

Quant aux remèdes naturels contre l’insomnie, comme la prise de mélatonine en gélule ou encore le recours à certaines plantes, s’ils ne vous feront pas de mal en cas de troubles de l’endormissement ou d’insomnies ponctuelles, aucune étude ne prouve leur efficacité dans le cas d’une insomnie récurrente. De nouveau, c’est votre médecin qui sera le mieux placé pour vous guider.

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